L'Atlas
Les Contes
Certaines lettres de l'Atlas appartiennent à une même vie. Rassemblées, elles deviennent une histoire — une personne reconstituée à partir de ce qu'elle a laissé. Voici celles que nous avons réunies jusqu'ici.
Ou flâner sur tout l'AtlasPortugal · 1954
Une lettre revenue, et le journal qui lui répondit
“Endereço Desconhecido”
En 1954, une lettre quitta Porto pour une femme d'Aveiro et revint tamponnée : adresse inconnue. Son journal, retrouvé des décennies plus tard, montre qu'elle avait déménagé trois rues plus loin. Deux fragments d'un rendez-vous manqué, réunis sur l'Atlas.
Lire le contePortugal · 1967–1968
La confession d'un noyé, et la supplique d'un innocent
“A Maré Que Não Voltou”
Peniche, 1967 : un pêcheur mit en scène sa propre mort en mer pour que sa femme soit une veuve que le bourg aiderait. Une confession cachée et la supplique d'un innocent lui survivent — la forme d'un sacrifice, reconstituée de ce que la marée a laissé.
Lire le contePortugal · 1971–1985
Le refrain d'un émigré, et la vérité qu'il n'envoya jamais
“As Cartas de França”
À travers les années 1970 et 80, un homme écrivit chez lui depuis la France dans un refrain qui ne changea jamais — et rédigea une seule fois, sans jamais l'envoyer, la vérité qui courait dessous. Le refrain et le brouillon, enfin côte à côte.
Lire le contePortugal · 1968–2016
Le registre d'une sage-femme, et le fils qui n'avait pas les mots
“As Mãos de Aurora”
Par une nuit de tempête de neige en 1972, une sage-femme des montagnes dut choisir entre une mère et l'enfant qu'elle ne pouvait pas sauver, et vécut à jamais sous le verdict du village. Un registre de sage-femme, un livre de paroisse, une tempête dans le journal, la lettre jamais envoyée du fils, neuf horloges arrêtées — les pièces de son choix impossible, dispersées sur un demi-siècle.
Lire le contePortugal · 1969–1990
Le photographe qui n'est sur aucune de ses photographies
“O Retratista”
Un portraitiste de village consigna le visage de tous, sauf le sien. Ce qui reste de lui est l'espace en négatif dans la mémoire de mille autres — l'homme derrière l'appareil, reconstitué à partir de la foule qu'il cadrait.
Lire le contePortugal · 1965–1975
Une famille, deux versants d'une histoire
“As Duas Fardas”
Deux uniformes pendus dans la même armoire, jamais nommés dans la même phrase. Une famille divisée par une histoire trop grande pour ses pièces, racontée par ce qui fut gardé et ce qui fut caché.
Lire le conteAngola · 1938–2003
Les rapatriés qui ne pouvaient pas ouvrir la caisse
“O Caixote”
Luanda, 1975 : une maisonnée « rapatriée » par le pont aérien vers un Portugal qu'elle n'avait jamais vu, et une caisse qui mit dix-huit mois à arriver — et resta vingt-six ans sans être ouverte. Tant qu'elle restait fermée, ils habitaient encore là-bas.
Lire le contePortugal · 1963–1991
Le cheminot dont le registre ne trembla jamais
“À Tabela”
Pendant trente-neuf ans, un agent de halte tint le registre d'un petit arrêt de la ligne du Tua sans un jour manquant — y compris la nuit où sa femme mourut pendant qu'il retenait le fret les minutes du règlement. Le document le plus terrible des archives est celui qui fut écrit d'une main ferme.
Lire le conteSpain · 1957–2001
Le carnet d'un contrebandier avec les garçons qu'il sauva
“O Livro dos Nomes”
Sur la raia entre le Portugal et l'Espagne, un contrebandier brisa la première règle du métier — ne jamais garder de papier — pour cacher un livre de noms : trente et un garçons appelés passèrent la frontière à pied pour que la guerre ne les ait pas. Un nom, pris en 1967, il ne se le pardonna jamais.
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